Les Voies du Sud

Languedoc-Roussillon

Richesses historiques et particularité de notre région

Comme les historiens nous le rappellent, notre région a été depuis le début le berceau naturel des voies de pèlerinage, aussi bien vers Rome « les Romieux » que vers Compostelle « les Jacquets ».
Les pèlerins suivront tout naturellement  ce « Monument » de l’art Romain : la VIA DOMITIA

Tout au long de son parcours, le pèlerin pourra ressentir la richesse des témoignages millénaires, Il utilisera, dans notre région, principalement quatre voies : La voie d’Arles, la bretelle de Fontcaude, la voie du Piémont Pyrénéen, le chemin Catalan.

La Voie d'Arles ou GR®653

Saint Gilles
Au Moyen Âge, Saint-Gilles était le 4ème lieu de pèlerinage mondial après Rome, Saint-Jacques de Compostelle et Jérusalem.
En témoignent la richesse de la façade médiévale de son église abbatiale, et son immense église basse (ou crypte).

Abatiale de Saint-Gilles
Hôpital Saint-Jacques

Gallargues-le-Montueux
Entre Vauvert et Montpellier, le village placé sur la Via Domitia conserve les vestiges d’un bâtiment médiéval du XIVe siècle appelé hôpital Saint-Jacques ou hôpital des Pauvres (dans le sens d’hospitalité) où l’on recevait et soignait les pèlerins de Compostelle. Le bâtiment est classé Monument Historique.

Montpellier
Haut lieu de la médecine, étape incontournable donc, et dès l’entrée dans la ville le pèlerin avait accès à l’hôpital du Saint-Esprit, (Au Pila-Saint-Gély) fondé par Gui de Montpellier à la fin du XIIe, on y a prodigué des soins médicaux. C’est le premier hôpital au sens moderne du terme. Puis passait par notre Dame des Tables, église autour de laquelle se dressaient les tables des changeurs de monnaie et les étals des marchands.
Le pèlerin ne manquera pas de rendre un hommage au saint patron Saint Roch natif de Montpellier

Eglise Saint-Roch
Abbaye de Gellone

Saint-Guilhem le Désert
« Dans leur quête des corps saints, les pèlerins se devaient de dévier de leur route pour vénérer les reliques afin de purifier leur âme, faire pénitence et obtenir la vie éternelle »… Ainsi, le Guide du pèlerin invitait « ceux qui vont à Saint-Jacques par la route de Toulouse à rendre visite au corps du bienheureux confesseur Guillaume (…) » et à vénérer un fragment de la Vraie Croix offerte à Guilhem par Charlemagne.

Lodève

Lodève a été marquée par un illustre personnage Saint-Fulcran, évêque de 949 à 1006 qui déjà, au Moyen-Age, attirait les pèlerins sur son tombeau.
De l’hôpital des « Pauvres du Christ » auquel était adjointe une chapelle Saint-Jacques élevée en 1537, il ne reste rien aujourd’hui. Cet hôpital, qui existait depuis le XIIIe siècle, se situait contre le rempart, près de la porte d’entrée Est d’où provenaient les pèlerins depuis Saint-Guilhem

Au-delà de Lodève, les pèlerins poursuivaient à travers les monts du Haut-Languedoc vers La Salvetat-sur-Agout (étymologie de « sauveté », lieu d’asile et d’hospitalité) et ralliaient Castres. La ville compte parmi les douze pèlerinages mineurs sur la route de Compostelle pour les reliques de Saint-Vincent évangélisateur de l’Espagne déposées dans la basilique, bâtie au IXe siècle. Les jacquets qui faisaient étape à l’église Saint-Jacques de Villedougou près de laquelle il y avait un hôpital pour pèlerins au bord de l’Agout, rejoignaient ensuite Toulouse.

Cathédrale Saint-Fulcran

La bretelle de Fontcaude ou GR®78-7

A Saint-Gervais-sur-Mare
Ce Chemin bifurque vers le sud, abandonnant la Voie d’Arles pour rejoindre la voie du piémont pyrénéen à Capestang.
Il serpente entre les contreforts des Cévennes et les plaines viticoles du Midi traversant Le Poujol-sur-Orb au pied du massif du Caroux.
Il suit les méandres de l’Orb, passant par Roquebrun, puis Cessenon-sur-Orb, les pèlerins ne manqueront pas de faire une halte à l’abbaye de Fontcaude, avant de rejoindre Puisserguier et son château médiéval, et aboutir à Capestang et le célèbre Canal du Midi.

Abbaye de Fontcaude

La Voie du Piémont Pyrénéen ou GR®78

Fabrègues
(De l’occitan Fabregas, issu du latin Fabricae : forges).
Dès le début de l’âge du fer il y a eu une intense activité des populations méditerranéennes. Cet endroit fut habité depuis au moins le Ve ou IIIe. av. J.-C.
Lieu de passage et d’accueil depuis toujours établi sur la voie Domitienne, grand chemin royal (accessoirement ex-RN 113),
Le village existe en tant que communauté depuis le IXe soit près de mille ans d’histoire riche en événements de toutes sortes. Village dont l’urbanisme particulier (circulade) remonte aux XIe et XIIe. L’ancien clocher (classé) de l’église Saint-Jacques (tour avec campaniles) date le bas au XIIe. « En 1439 on y dénombrait huit lits (…) et on y trouvait un bordonum peregrinorum (…), (un bâton de Pèlerin)».

Eglise de Fabrègues
Abbaye St-Félix-de-Montceau

Gigean
Un bâtiment encore bien conservé, datant du XIe, s’appuie sur l’ancienne  église. On  le nomme « Studium » ou « maison de l’évêque » C’est là qu’a été aménagé le gîte L’Abbaye de Saint Félix de Monceau qui apparaissait dans les relevés de passage de pèlerins depuis le Moyen-Age. Ce passage dans le Sud du département, le futur GR®78 sera un itinéraire qui répondra à des critères stricts, pour redonner des blasons à cette route de pèlerinage, la voie du Piémont Pyrénéen qui ira de Montpellier à Carcassonne.

Balaruc-le-Vieux
L’église Saint Maurice mentionné dès 957, possède quelques éléments romans, mais sa forme actuelle date du XIVe. Grand portail gothique et tympan encadré d’un triple cordon mouluré dominé par une belle rosace à six trilobes. Clocher-mur à deux baies élargies pour donner l’apparence d’une tour carrée.

Eglise Saint-Maurice
Eglise Saint-Jacques le majeur

Bouzigues
Si une commune conserve un témoignage des pèlerins de Compostelle, c’est bien Bouzigues au bord du bassin de Thau dont l’église édifiée aux XIVe et XVe (remaniée au XVIIe), est placée sous le vocable de Saint-Jacques-le-Majeur. L’ensemble du maître autel est inscrit au titre des Monuments Historiques.

Loupian
Un musée permet de voir un site gallo-romain et notamment
les vestiges d’une villa qui permet de replonger dans l’ambiance et
l’histoire des grandes exploitations agricoles gallo-romaines à travers
une reconstitution de l’un des bassins des thermes cerné de sa mosaïque d’origine (IIe après J.C.).
L’église Sainte Cécile se dresse en bordure d’un chemin ancien qui était, à la fin du Moyen Age, une des principales routes du Languedoc méditerranéen : le « Camin Romieu » (chemin des pèlerins).

Note : Sur les 8 kms qui séparent Loupian de Pinet, le chemin des Romieux passe à travers la garrigue et se confond sur une partie avec l’ancienne voie Romaine (la « Via Domitia » date de -118 avant JC). Elle reliait Rome à ses provinces ibériques. Selon certaines légendes, la voie Domitienne reprendrait un itinéraire créé par Héraclès (Hercule), la voie Héracléenne.

Eglise Sainte-Cécile
Pont romain de Saint-Thibéry

Saint-Thibéry
Etape importante sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle,
Saint-Thibéry est cité dès le XIIe dans le Codex Calistinus (livre V). Depuis l’Antiquité, la ville se trouve à un carrefour de routes et sur un axe est-ouest.
Le pont romain de Saint-Thibéry qui franchit l’Hérault est emprunté tout au long du Moyen Age par les pèlerins et les marchands. Ce pont, construit au 1er siècle par les romains pour franchir l’Hérault, avec ses 9 arches, était le pont le plus long de tout le tracé de la Voie Domitienne… Ruiné au VIIIe, il fut reconstruit sur les bases antérieures au XIIe – XIIIe. par les moines de l’Abbaye.
L’église paroissiale, ancienne abbaye (Inscrite aux monuments historiques 21-02-2005) qui doit son origine aux martyres de Tibère, Modeste et Florence, ces trois reliques sont vénérées depuis des siècles dans l’ancienne Abbaye de Saint Thibéry. Fondée à la fin du VIIIe, elle fut établie au pied de la cité antique de Cessero où se trouvait un château mentionné dès 990. Elle est contemporaine d’Aniane et de Lagrasse. Une petite chapelle d’origine romane, la Gleisette, qui est sous l’église actuelle.
L’abbatiale de Saint-Thibéry, de style gothique, édifiée à la fin du XIIIe., ne fut jamais achevée par manque de fonds. Au XVIIIe., les Bénédictins de la congrégation de Saint-Maur reconstruisirent (1639-1645) le monastère avec magnificence, dont il reste un ensemble formé par le maître-autel, les stalles et les boiseries du XVIIIe. Le retable baroque, du XVIIe., est dédié à la Vierge. Il y a une coquille au sommet, référence aux pèlerins…

Béziers
La ville de Béziers peut s’enorgueillir d’être traversée par le seul chemin de pèlerinage, et le plus ancien, qui ait servi dans les deux sens, à la fois pour rejoindre Rome puis Compostelle
Le chemin dit des « Romieux » est le plus ancien de la région qui depuis plus de deux millénaires a servi sans interruption ; il est probablement un exemple unique dans la région voir même en France

Document écrit en provençal XIVe-XVe

En construisant la Via Domitia – première voie romaine en Gaule – à partir de l’an 121 av. J.-C., les Romains marchent sur les pas de leurs prédécesseurs Étrusques, Phéniciens et Grecs, qui ont tissé les premiers liens commerciaux avec
les Gaulois des « oppida ».
C’est au XIe siècle, que le pèlerinage à Compostelle supplante véritablement celui de Rome. Un document écrit en provençal au XIVe-XVe, détenu à la bibliothèque Inguimbertine de Carpentras, indique l’itinéraire suivi par un pèlerin depuis Avignon pour se rendre à Saint Jacques de Compostelle par Montpellier, Gigean, Saint Thibéry, Béziers, Capestang, Bize-Minervois, Beaufort, Olonzac … Carcassonne

En arrivant par l’Est on entre par l’avenue de la « voie Domitienne ».
Baeterra (premier nom de Béziers) fut un carrefour « romain » comme en témoigne, de nombreux vestiges. L’église Saint-Jacques fut, grâce à son abbaye une étape pour les jacquets.
La première église fut probablement construite au début du Xe siècle. Un pont médiéval (pont vieux) était le seul qui permettait à l’époque le franchissement de l’Orb.

Le pont Vieux
Collégiale Saint-Étienne

Capestang
On aperçoit de loin sa collégiale imposante qui se dresse, massive, dans le paysage pratiquement plat.
Capestang tient son nom du latin «caput stagni », soit « tête de l’étang », en raison de sa situation à la pointe nord d’un ancien étang, aujourd’hui asséché mais toujours dénommé étang de Capestang.
La Collégiale Saint Etienne, est une église gothique composite, l’architecte serait le même que celui qui a réalisé la cathédrale Saint Just de Narbonne. Toutes les deux sont d’une facture gothique méridionale. Elle date des (XIIIe – XVe ). On peut voir de l’extérieur les pierres d’attente des trois nefs prévues à l’origine. L’inachèvement des travaux pourrait avoir pour cause les difficultés que connut la région à cette époque (peste noire, guerre de Cent ans, etc.). En parcourant les chapelles de la Collégiale, on remarque en haut à droite une magnifique statue de Saint Roch en bois doré. Au fond de l’église un mur roman percé d’une fenêtre.  A l’extérieur, on peut admirer la tour-clocher dont le sommet atteint 43 m. Sur le campanile, la cloche qui sonne les heures date de 1559.

Au moment du début de la construction de la collégiale, comme son nom l’indique, Capestang avait un hôpital, une commanderie templière et possède encore un lieu-dit appelé « St Jacques ».

Quarante
La puissance de ce village et de son abbaye a rayonné sur une partie importante du Minervois voisin. Son église abbatiale Sainte Marie, est un joyau de l’art roman. C’est à la fin du Xe qu’une communauté de chanoines commence à desservir l’église Sainte-Marie de Quarante, qui, peu de temps après, devient abbaye. L’église est reconstruite et l’archevêque Ermengaud procède à sa dédicace en 982. Au début du XIe, l’église est agrandie et en partie reconstruite : elle sera consacrée en 1053. Ce lieu de « Quadraginta » fut celui des premiers chrétiens, qui sous l’impulsion des vicomtes de Narbonne, est devenu celui d’une abbaye d’hommes, sous la règle de Saint Augustin vénérant, comme les pèlerins depuis des siècles, Saint-Jean Baptiste, patron de cette localité. Celui-ci sous la forme d’un buste reliquaire d’argent, exécuté par J. Morel en 1443,  est exposé dans son trésor aux pèlerins (et touristes) depuis 1448. C’est dire si le village de Quarante constitue une « étape » pour les pèlerins.
Église abbatiale Sainte-Marie de Quarante
Église Sainte-Eulalie

Cruzy
L’église fortifiée Sainte Eulalie de Mérida doit son nom à la jeune chrétienne de treize ans persécutée par Calpurnius gouverneur de la région à l’époque de Dioclétien. Elle refusa de sacrifier aux idoles et fut martyrisée par de minutieux et cruels châtiments.
Elle est citée pour la première fois lors du concile d’Attilian en 902. L’église actuelle construite au XIIe sur la chapelle primitive avec trois nefs en plein cintre, puis agrandie et élevée à 20 m, en style gothique du XIIIe, au XVe où elle est fortifiée avec mâchicoulis, tourelles crénelées et meurtrières. Au XVIe trois chapelles sont construites entre les contreforts Sud et sous les mâchicoulis devenus inutiles. Le vitrail du martyre de sainte Eulalie est constitué de dix panneaux répartis sur les deux lancettes de la verrière centrale, entre deux grandes figures de saints insérés au XIXe.

Bize-Minervois
Accueillait déjà confortablement l’homme il y a 40 000 ans dans des grottes spacieuses arrosées par une rivière, la Douze, dont l’eau remonte tiède des profondeurs de la terre.
Le colonisateur romain, qui fit de la Narbonnaise la Province la plus importante de Rome au deuxième siècle avant notre ère, installa des domaines agricoles à l’endroit où la vallée de la Cesse s’élargit, à deux kilomètres environ en aval des grottes.
La matrice du village actuel est le castrum fortifié au XIIe, église au centre et habitations blotties autour derrière des murailles défensives, et un fossé alimenté par la Cesse, la rivière locale.
En 1673 l’archevêque de Narbonne, dont la fonction comportait la seigneurie de Bize-Minervois, était le cardinal de Bonzi, d’origine milanaise. Son blason a été choisi pour être celui de Bize, au XIXe, inscrit dans la pierre, sur la porte Saint Michel, point de passage obligé pour l’accès au cœur du village.
Bize-Minervois fut un haut-lieu de la préhistoire naissante. C’est en effet dans les grottes de Las Fonts (ou du Moulin), en amont du village, que furent découverts en 1827, les plus anciens restes humains connus à l’époque.

Porte Saint-Michel
Notre-Dame, de l'Assomption

Olonzac
Ce charmant village recèle des monuments chargés d’histoire comme la Commanderie de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, l’église paroissiale construite vers 1880 et son ancienne chapelle romane Saint-Michel du XIe, Chapelle à une nef simple à deux travées est accolée à une abside semi-circulaire, selon le schéma symbolique de l’association de la Terre et du Ciel. La voûte en quart de sphère du chœur est très particulière avec une partie en arc, comme une « tranche de melon »…).

Homps
A partir de l’achèvement de la construction du canal du Midi en 1681 Homps connu un essor économique considérable). La chapelle Saint-Michel a renoué avec sa fonction originelle puisqu’elle constituait un lieu hospitalier tenu par l’ordre de Malte  (des documents du XIVe en témoignent).

Azille
L’église Saint-Julien et Saint-Basilisse, chef d’œuvre du gothique méridional, date du XIVe, elle est classée monument historique. C’est un remarquable exemple de gothique méridional avec nef unique large, à trois travées croisées d’ogives, et vaste abside à pans, clocher tour de 36 m. Elle renferme plusieurs objets remarquables: une chapelle de la confrérie de Saint Jacques avec des statues du Saint, bourdon à la louange de Saint Jacques, et reliquaires en bois doré. Cette chapelle servait de siège pour la confrérie des pèlerins.
Azille fut un temps un lieu de départ de pèlerinage vers Compostelle.

Église Saint-Julien et Sainte-Basilisse
Église Heptagonale Sainte-Marie

Rieux Minervois
« Commune Halte-Compostelle »  comme Capestang et Pouzols, Rieux a possédé un hôpital en face de l’église Notre Dame de l’Assomption.
Cette église en forme de rotonde est plutôt un temple dont toutes les dimensions sont une déclinaison du chiffre 7 qui symbolise la sagesse. Elle est unique en Europe et serait une réplique du Saint Sépulcre de Jérusalem.
Son trésor possède un buste reliquaire de Saint-Jacques.

Peyriac Minervois
Situé entre la Montagne Noire et la montagne Alaric, au cœur du Minervois, grand domaine viticole, proche de Carcassonne (24 km) et de Narbonne (42 km).
Les armoiries de Peyriac-Minervois sont représentées par 3 pierres de sable posées sur un écu d’argent. C’est un village pittoresque situé sur la rive droite de l’Argent-Double. Ancien bourg fortifié (cité en 1070), on peut admirer, depuis le pont, les remparts et son église dont la construction a évoluée dans le temps : église castrale (antérieure au XIe), tour clocher et chapelle Notre-Dame accolées en 1434.
Le château féodal n’existe plus, mais on peut admirer la maison Rambaud (XVIe) et une résidence de style renaissance avec une porte, une tourelle d’angle et un escalier du XVIème  siècle.

Malves en Minervois
A quelques 17 km de Carcassonne, Malves est riche d’un château possédant des plafonds peints. Proche du village un menhir et sa légende rappellent la défaite d’envahisseurs arabes au VIIIe.
Le blason sur la voûte de l’église Saint-Pierre porte 3 bourdons symbole de la famille Bellissem marchand drapier et seigneur du lieu.

Le Chemin Catalan

Au XIIe Ce territoire n’étant pas rattaché à la France de l’époque, il n’est évidemment pas mentionné dans le CODEX CALIXTINUS.
Le traité des Pyrénées, signé le 07 novembre 1659 entre les Rois de France Louis XIV et d’Espagne Philippe IV, rattache le Roussillon à la France.
Néanmoins, une multitude de pèlerins ont traversé les Pyrénées par les multiples chemins catalans pour rejoindre Santiago.
L’un des plus célèbres pèlerins aurait été Saint-François d’Assise qui se serait arrêté à Perpignan en 1211 et 1215, à l’aller et au retour de son pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle. A cette occasion, il y aurait créé le monastère des Franciscains destiné à l’accueil des pèlerins.
De nos jours, seule la salle capitulaire subsiste et elle est devenue la Chapelle de Notre-Dame des Anges.

Le chemin Bifurquant vers le sud après Capestang suit la Via Domitia, traversant les citées antiques de Narbonne et Ruscino (Château Roussillon, 6 km à l’est de Perpignan), et se termine au col de Panissars (325 m). Ce col restera entre 70 av J-C et le XVIIème siècle, le principal point de franchissement des Pyrénées. Il y subsiste les fondations du Trophée de Pompée taillées dans le roc. Ce monument d’une hauteur originelle de 50 m avait été dressé en 71 av. J-C. Il célébrait les 876 conquêtes sur les peuples d’Hispanie et il est l’un des six monuments du même type réalisés par l’Empire romain. Ce trophée, point de jonction avec la Via Augusta qui ouvre les provinces hispaniques, marque toujours la frontière.

Après Béziers, le chemin vous invite à suivre les canaux navigables classés à l’Unesco, les canaux du Midi, de Jonction et de la Robine.
Ce parcours offre plusieurs avantages tout au long de ses 50 km : une grande facilité d’orientation, des accueils répertoriés (une rareté en zone touristique) et, par temps chauds comme souvent ici, un parcours ombragé et tempéré le long des canaux :

  • le canal du midi jusqu’à Argeliers puis
  • le canal de la robine jusqu’à Narbonne ex-capitale et important port de la Gaule romaine,
  • le canal de la robine jusqu’à Port la Nouvelle

Par la suite, la voie jacquaire continue sur la voie domitienne, via Fitou et Salses le Château avec sa forteresse, ouvrage militaire construit entre 1497 et 1503 par les rois catholiques espagnols, Ferdinand II d’Aragon et Isabelle de Castille. elle gardait l’ancienne frontière entre la Catalogne et la France, face à la forteresse française de Leucate. Elle se trouve à 1km de Perpignan, capitale de la Catalogne et cité des Rois de Majorque. Le pèlerin poursuivra ensuite vers Canohès par le canal royal ombragé pour rejoindre la Voie Domitia à Le Boulou. Il abordera les Pyrénées par Maureillas-Las-Illas, Pyrénées qu’il franchira au Col de Panissars, passage historique le plus commode et le moins élevé pour traverser des Pyrénées. Voie qui demeure la plus empruntée par toutes les populations migrantes hors de la péninsule jusqu’au XXe. Comme à l’époque romaine, c’est au Col de Panissars et à une altitude de 325 m que vous entrez en Espagne sur la Via Augusta en traversant les ruines du Trophée de Pompée.
Ceux qui le souhaitent peuvent se rendre à la chapelle romane du XIIème siècle de Saint-Martin de
Fenollar via un détour de 1,9 km.

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