Petit Rappel « Histoire et légendes »
Saint-Jacques
La partie historique, relatée dans les écritures est très courte :
- Il est un des 12 Apôtres de Jésus Christ : Jacques le Majeur, fils de Zébédée, et frère de l'apôtre Jean. Tous deux pêcheurs du lac de Tibériade. Sous le roi Hérode Agrippa (41-44), il est décapité à Jérusalem. Il est le premier apôtre martyr.
Ce qui suit, tient de la légende et n’est pas attesté dans les textes de l’époque.
Après la Pentecôte 33 (Crucifixion), il serait parti évangéliser la péninsule Ibérique et à son retour en Judée (44) aurait subi son martyre. Sa dépouille mise dans une barque en pierre, sans gouvernail, avec l’aide de ses compagnons, Athanase et Théodore, ils dérivent jusqu’en Galice (Padrón) en ….7 Jours (Ceci est écrit au IXe siècle)
Après avoir accosté dans le port romain d'Iria Flavia (Padrón), La reine Lupa, nouvellement convertie, permet aux disciples de Saint Jacques d’aller ensevelir leur maître sur ses terres. (Récit datant du XIe siècle).
Pèlerinages
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834 L’ermite Pélage découvre la tombe en Galice dans un champ, sous un ciel étoilé : « Campus Stellarum ou Stellae » L’ermite avertit : Théodomir, évêque d'Iria Flavia (aujourd'hui une paroisse rurale près de Padrón).
Si les reliques découvertes au IXe siècle sont « officiellement » reconnues et identifiées par les autorités ecclésiastiques de l’époque comme appartenant à l'apôtre saint Jacques, on ne sait rien des « éléments de preuves » ou des motifs qui ont amené une telle déclaration. (Le texte dit qu’en découvrant le tombeau, l’évêque Théodemir, a su grâce à une « révélation » que c’était celui de l’apôtre Jacques. Il s’agit donc, dès l’origine, d’une question de foi, de croyance en la « révélation ». Il n’y a aucune « reconnaissance officielle » ou « authentification »). - Xe siècle début des pèlerinages.
- 951 Pèlerinage de l’évêque Godescalc Notre-Dame du Puy via Le Puy-en-Velay, Lyon, la vallée du Rhône, Arles, St Gilles, la Via Domitia, le Col Panissars, la Vallée de l’Ebre, (Voie romaine pour acheminer l’Or de Las Medulas).
- 997 Le vizir de Cordoue (Al Mansour), fait une razzia sur la ville qu'il prend et rase complètement, ainsi que la cathédrale. Il préserve le tombeau et les reliques de saint Jacques. Un chroniqueur musulman un siècle plus tard le qualifie de « un grand marabout vers lequel tant de pèlerins affluent ». Ce geste (venant d'un non-chrétien) marquera les mémoires.
- XIe siècle Église en Reconquista, mise en place d’une « Politique d’immigration » sur le Camino Frances, Chemin aménagé dès le XIe (1070). Les rois successifs créent des villages tous les 30km, villages dotés de charte de peuplement accordant des privilèges aux étrangers qui s’y installeraient (source : Jean Passini Historien).
- XIIe siècle les pèlerinages connaissent une très grande affluence.
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1140 - 1160 compilation d'un ensemble de textes, liturgiques, historiques, relatant la vie de St Jacques :
Le « Codex Calixtinus »
On le désigne, aussi, sous le nom de « Liber Sancti Jacobi » ou « Livre de Saint Jacques ».
Les textes réunis dans ce manuscrit sont attribués au pape Calixte II (mort en 1124).
Les rédactions successives s'échelonnent sur deux ou trois siècles, dont les plus anciennes, datent seulement d’un siècle avant la compilation.
Ce manuscrit enluminé du milieu du XIIe siècle est conservé dans la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle.
Il comporte cinq Livres :
- Livre I, liturgie en l’honneur de St Jacques, Sermons, Hymnes, Messes.
- Livre II, Livre des 22 miracles de St Jacques.
- Livre III, Les récits de la translation.
- Livre IV, L’Historia Turpini qui attribue la découverte du tombeau à Charlemagne, (écrit par l’évêque Turpin de Reims).
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Livre V, sans titre
La légende attribue sa rédaction à Aimery Picaud, un prêtre poitevin de Parthenay-le-Vieux, or celui-ci, a vécu longtemps après la rédaction du texte (Le texte du livre V est antérieur à 1127 et Aymeric Picaud ne figure que comme auteur d’une hymne dans les « ajouts » des années 1170-1180)
Souvent confondu avec l'ensemble, ce livre en est le plus petit en taille et n’a pas de titre.
Son préambule dit « Il y a 4 Chemins : St Martin de Tours, La Madeleine du Vezelay, Notre-Dame Du Puy, St Gilles » mais il ne décrit que deux chemins Tours et Arles (St Gilles du Gard).
Il concerne le pèlerinage à Saint-Jacques et comporte onze chapitres :- Chapitre I - Les chemins de Saint-Jacques
- Chapitre II - Les étapes du chemin de Saint-Jacques
- Chapitre III - Noms des villes et bourgs sur ce chemin
- Chapitre IV - Les trois bonnes demeures de ce monde
- Chapitre V - Noms des routiers de Saint Jacques
- Chapitre VI - Eaux mauvaises et bonnes sur le chemin
- Chapitre VII - Caractéristiques des pays et des gens sur cette route
- Chapitre VIII - Corps saints à visiter sur la route et passion de saint Europe
- Chapitre IX - Caractéristiques de la ville et de l'église de Saint-Jacques
- Chapitre X - Attribution des offrandes de l'autel de Saint-Jacques
- Chapitre XI - Du bon accueil à faire aux pèlerins de Saint-Jacques
La dénomination Le Guide du Pèlerin de Saint-Jacques-de-Compostelle provient de la traduction par Jeanne Vielliard en 1938.
- Le pèlerinage demeurera vivant tout au long des siècles, malgré les conflits et les épidémies, ainsi qu’en témoignent les innombrables récits de pèlerins français, italiens, polonais, irlandais…
- La période de déclin : débute la première moitié du XIXe siècle à cause de la Révolution française, puis des campagnes de Napoléon, et enfin de la desamortización (le gouvernement espagnol chasse tous les religieux – masculins – du jour au lendemain et confisque leurs biens).
- 1867 Seulement une quarantaine de pèlerins puis lente reprise.
- 1879 La « redécouverte des reliques », découverte des ossements retrouvés sous la cathédrale par l'archevêque de Compostelle comme étant les reliques de saint Jacques puis leur authentification, relance l'idée de pèlerinage.
- 1884 Dans sa lettre apostolique de 1884 « Deus omnipotens », Le pape Léon XIII authentifie les reliques et rappelle avec force détails l'origine de Compostelle, reposant sur « une tradition orale constante, répandue partout, qui remonte jusqu'aux temps apostoliques et confirmée d'ailleurs par des lettres publiques de nos prédécesseurs ».
D’après une multitude de textes et de témoignages on peut reconstituer l’itinéraire emprunté et ce jusqu’au début du XXème siècle. Voie du Sud « Via EGIDIANA » (St Gilles) jusqu’en 1980.
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1938 Jeanne Vielliard historienne, future membre de la toute nouvelle « Société Française des chemins de St Jacques de Compostelle » (création 1950), publie, une traduction en français, le « Codex Calixtinus Livre V» qu’elle nomme « Guide du Pèlerin » ainsi qu’une nouvelle carte des chemins.
Puisque le livre V commence par le préambule « il y a 4 chemins » le chemin du Puy et du Vézelay vont être créés (en s’appuyant sur la dévotion à St Jacques , on trouve des chapelles St Jacques ou des hôpitaux pour voyageurs partout…). - 1950 Création (description) des deux chemins Le Vezelay et Le Puy.
- 1958 La Société Française invente la crédencial moderne.
- 1965 A Paris colloque et exposition sur le pèlerinage à Saint-Jacques (première fois en dehors de l’Espagne), inaugurés par André Malraux.
- 1970 En France, des itinéraires qualifiés de chemins de Saint-Jacques sont tracés par la Fédération française de randonnée pédestre.
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1972 Le premier exemplaire ronéoté du topo-guide du GR 65 pour le tronçon Le Puy-en-Velay à Aubrac.
Ce chemin de Saint-Jacques est devenu un sentier de grande randonnée (GR 65). - 1980 Création de la Via Tolosana (GR 653).
- 1982 Jean-Paul II vient en pèlerin à Compostelle.
- 1987 Le Conseil de l'Europe déclare les chemins de Saint-Jacques « premier itinéraire culturel européen ».
- 1989 Jean-Paul II réunit à Compostelle les Journées Mondiales de la Jeunesse
- 1993 A la demande de l’Espagne, le Camino francés est classé patrimoine mondial de l'UNESCO.
- 1998 La France fait inscrire au Patrimoine Mondial de l’UNESCO « Les Chemins de Saint-Jacques de Compostelle en France ».