La Légende dorée (Legenda aurea ) est un ouvrage rédigé en latin entre 1261 et 1266 par Jacques de Voragine, dominicain et archevêque de Gênes, qui raconte la vie d’environ 150 saints, Saintes et Martyrs chrétiens et, suivant les dates de l’année liturgique, certains événements de la vie du Christ et de la Vierge Marie.
Cependant toutes les figures importantes de la chrétienté de son époque n’y figurent pas. Ce sont les oubliés de la « Légende dorée » Parmi ceux-ci se trouvent de nombreux martyrs du Sud de la France, Martyrs toujours associés à des villes ou des lieux symboliques qui générèrent de grands pèlerinages toujours d’actualité.

Le récit de la présence de Marie-Madeleine en Provence prend sa source à l’extrême orient du bassin méditerranéen, en Judée, au premier siècle de notre ère. Des textes canoniques et apocryphes attestent, dans l’entourage de Jésus de Nazareth, l’existence de personnages féminins ayant certains points communs. L’Évangile selon Luc parle, sans la nommer, d’une pécheresse qui, au cours d’un banquet auquel participe Jésus, fait irruption pour le parfumer, lui laver et lui baiser les pieds en demandant son pardon. La deuxième figure est celle de Marie de Béthanie, sœur de Marthe et de Lazare, que l’on retrouve à trois reprises dans les évangiles canoniques : quand Jésus se rend chez Marthe, lors de l’épisode de la mort et de la résurrection de Lazare, et lorsqu’elle procède à l’onction de Jésus. Enfin, vient Marie de Magdala ; elle apparaît dans l’entourage de Jésus comme une femme pieuse guérie de ses démons et qui met sa fortune au service des disciples. Elle se trouve non seulement au pied de la croix mais surtout elle serait le premier témoin de la Résurrection, avec un rôle plus ou moins majeur selon les versions. Des textes apocryphes de toute nature contribuent également à témoigner de la présence d’un personnage féminin occupant une place centrale dans la diffusion du message de Jésus devenu Christ, les gnostiques allant même jusqu’à en faire le personnage central d’un évangile.
De ces récits, la tradition fait émerger une Marie-Madeleine, pécheresse repentie, issue d’une famille riche, appartenant au cercle le plus proche de Jésus de Nazareth et participant pleinement à l’évangélisation du bassin méditerranéen. Ainsi, Marie-Madeleine ferait partie de ces fidèles ayant reçu lors de la Pentecôte, selon les Actes de Luc, la mission d’évangéliser le monde, c’est-à-dire en ce temps-là l’Empire romain. Ce rôle de témoin fonde le récit de l’arrivée, sur notre rive de la Méditerranée, de Marie-Madeleine et d’un groupe de disciples, dont Maximin, ayant reçu en partage les Gaules comme terre de mission. C’est ainsi que naît la tradition des Saints de Provence, quelque part entre la fin de l’Antiquité et le début du Moyen-âge. Après avoir évangélisé la Provence, elle se serait retirée dans la grotte de la Sainte-Baume. À sa mort, Maximin l’aurait ensevelie dans le bourg situé dans la plaine. S’appuyant sur cette tradition, Charles II d’Anjou, comte de Provence, ordonne des fouilles en 1279. Il trouve des ossements accompagnés de ce qui a été considéré comme une authentique de relique racontant que la sépulture avait été cachée au VIIIe siècle par crainte des Sarrazins, qui ravageaient régulièrement la région.
L’Invention des reliques conforte la tradition en ce temps où le culte de Marie-Madeleine connaît un grand succès. Un pèlerinage s’organise vers ce lieu que Charles II d’Anjou et le pape Boniface VIII confient aux soins des Dominicains. La basilique érigée pour célébrer la sainte et accueillir les pèlerins sera considérée, selon l’expression consacrée par le père Lacordaire, comme le « Troisième tombeau de la chrétienté » après Jérusalem et Rome. Ce patrimoine est, aujourd’hui encore, le témoin de cette rencontre entre tradition et Histoire qui a permis d’écrire, à Saint-Maximin-La-Sainte-Baume, une des plus belles pages de l’art gothique provençal.
Source : « Pays d’art et d’histoire de la Provence Verte » Mairie de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume.
Saint Maximin, Aix-en-Provence
La légende identifie Maximin à l’intendant de la famille de Béthanie. Il est l’un des soixante-douze disciples du Seigneur. Il connaissait donc bien Lazare, Marthe et Marie qu’il accompagna lors de leur traversée vers l’an 42 / 43.
Il commença à évangéliser Aix-en-Provence aidé de Marie-Madeleine. Pour célébrer la messe et prier avec elle et les tout premiers chrétiens, il construisit en dehors de la ville, dans un endroit solitaire, un tout petit oratoire qui ne pouvait guère contenir plus de 10 à 12 personnes, l’oratoire de Saint Sauveur. Il en consacra de sa main les autels, et y renferma des reliques du Saint- Sépulcre. En grande partie détruit par les Sarrasins dans l’une de leurs irruptions en Provence au VIIIème ou IXème siècle, l’oratoire fut rebâti en 1080, lorsque l’archevêque Rostang de Foz et Benoît, prévôt du chapitre, recueillirent auprès des villageois une somme suffisante pour la construction d’une nouvelle église à laquelle la sainte chapelle fut réunie.
C’est aujourd’hui la nef de droite (romane) de l’actuelle cathédrale Saint-Sauveur d’Aix-en-Provence. Saint Maximin est le patron du diocèse d’Aix. Son tombeau est situé dans la crypte de la basilique de Saint-Maximin.
Source : Nominis Saint-MaximinSaint Genest, Arles
Saint Genest ou Genes (IIIe siècle) est le seul martyr arlésien reconnu. On pense que Genest vivait vers la fin du IIIe siècle, à l’époque où Aurélien imposait régulièrement des édits de persécution contre les chrétiens. Genest qui était scribe au tribunal romain consignait les dépositions des témoins, les réponses des accusés et la sentence des juges au moyen d’abréviations, de signes appelés nota (d’où le nom dérivé de notaire, dont le saint deviendra le patron) qui rendaient l’écriture aussi rapide que la parole.
Mais un jour Genest refusa de tracer sur les tablettes de cire la énième condamnation à mort d’un prévenu. Lors de sa fuite éperdue il traversa le Rhône à la nage, gagna l’autre rive où hélas ses bourreaux le rattrapèrent et le décapitèrent, à Trinquetaille, près d’un mûrier. Les autorités chrétiennes jugèrent qu’il venait de recevoir le baptême du sang et le sanctifièrent. Son corps fut ramené sur la rive gauche et inhumé dans la nécropole des Alyscamps. Une légende raconte que le Christs apparut en ces lieux lors d’une assemblée d’évêques, Il se serait agenouillé laissant la trace de son genou sur un rocher. D’ailleurs, le quartier qui se trouve à côté des Alyscamps en porte le souvenir, il s’appelle la Genouillade.
On venait de loin pour se faire enterrer près de la tombe du martyre et quand on ne pouvait pas transporter le mort, on plaçait son corps dans un tonneau que l’on confiait au le fleuve que le tonneau porté par le courant, descendait pour s’arrêter miraculeusement à Arles.
Source : Les Amis du Vieil Arles, 2001Saint Gilles, Saint-Gilles
Voici le paradoxe d’un saint qui fut l’un des plus populaires de tout le Moyen Âge et sur lequel nous ne savons pratiquement rien ! Sa « vie » (entre guillemets !) ne fut composée qu’au Xe siècle par un moine de l’abbaye Saint-Gilles, qui en fit une mosaïque de prodiges et de légendes.
La légende le fait naître à Athènes vers 640 dans une famille de l’aristocratie byzantines. Le fait est que, vers 670, un religieux étranger s’installa entre Nîmes et Arles, au lieu-dit Collias, et fonda là un ermitage avec la bénédiction de l’évêque Verédime, ce qui lui accordait légitimité et statut ecclésial. Lieu de passage entre Italie et Espagne, cette partie du Languedoc était propice aux échanges culturels et commerciaux, ce qui expliquera la fortune du monastère qui s’y développe, halte bienvenue sur la route de Compostelle, et donnera naissance à Saint-Gilles du Gard.
L’amitié d’une biche
Pour l’heure, Gilles est seul dans sa garrigue où il s’adonne en paix à la prière et la méditation. Seul, pas tout à fait car, à l’instar des premiers anachorètes orientaux totalement coupés du monde, Dieu lui envoie une compagnie et une source de nourriture en la personne d’une biche allaitante qui, privée de son faon, donne chaque jour son lait à l’ermite. Les terres où Gilles s’est installé appartiennent à un certain Wamba, seigneur ostrogoth amateur de gibier qui a repéré la biche et la mettrait bien à son tableau de chasse. Mais ses efforts sont vains car le cervidé échappe à ses chiens, se réfugiant dans un bosquet impénétrable. Obstiné, Wamba viole le refuge et force sa proie qui, pantelante, s’effondre aux pieds de Gilles ; l’ermite s’interpose entre l’animal et son poursuivant et reçoit dans la main la flèche que Wamba vient de décocher. Reconnaissant le saint homme dont parle le voisinage, horrifié de l’avoir blessé, Wamba, pour se faire pardonner, lui donne les terres qu’il occupe, les agrandissant afin d’y bâtir un monastère. En tout cas, à la fin du VIIe siècle, il existait bien un monastère à Collias et l’abbé s’appelait en effet Gilles. La Tradition veut qu’il en soit sorti parfois, pas seulement pour parcourir la France puisque la Catalogne lui attribue la fondation du pèlerinage marial de Nuria, affirmant que la Vierge noire que l’on y vénère aurait été sculptée par Gilles. Cette affirmation est réfutée par les historiens de l’art, car la statue est bien postérieure à son décès, le 1er septembre 720. Sa disparition n’empêchera pas l’expansion de son monastère ni l’afflux de pèlerins qui, en route pour le tombeau de saint Jacques, font halte dans l’abbaye gardoise.
Source : Aleteia Saint-GillesSaint Guilhem, Saint-Guilhem-le-Désert
Guillaume ou Guilhem de Gellone ou d’Aquitaine, surnommé le Grand (né entre 750 et 755 – mort entre le 28 mai 812 et le 21 mai 815[1]) est un noble important et une personnalité militaire du royaume d’Aquitaine de l’époque carolingienne. Il fonde l’abbaye de Gellone en 804.Après l’avoir généreusement dotée, Guillaume d’Orange y fut accueilli par son ami Benoît d’Aniane, ancien militaire comme lui, et s’y retira définitivement en l’an 806 pour mener une vie monacale après avoir connu une existence laïque tourmentée
Lorsqu’il rendit l’âme en 812, l’abbaye devint un lieu de pèlerinage très prisé grâce à la renommée de son bienfaiteur et un lieu de passage obligé vers Saint-Jacques-de-Compostelle.
La légende de Guillaume, devenu saint Guilhem après sanctification, fut transmise jusqu’à nous par la chanson de geste que les trouvères relayèrent au travers des temps dans les contrées de langue d’oïl. Guerrier franc, sa mère était la belle Aude, fille de Charles Martel et sœur de Pépin. Il fut nommé comte de Toulouse par l’empereur Charlemagne, son cousin. Son surnom de guerre, Fièrebrace, vantait la force légendaire de ses coups d’épée. Devenu par la suite comte d’Aquitaine, il guerroya aux confins du royaume de Louis le Pieux.
C’est en prenant par la ruse la ville d’Orange aux Sarrasins qu’il rencontra la belle Oriabel, fille du seigneur vaincu. Ses amours avec celle-ci donnèrent force matière aux trouvères et poètes car elles furent passionnées autant que durables. À la mort de sa femme, devenue entre-temps la comtesse chrétienne Guibourc, il entra à l’abbaye de Gellone pour s’y retirer définitivement.
Dans ses bagages il apporta le sacramentaire dit de Gellone et un morceau de la Vraie Croix que lui aurait donné Charlemagne. Ces reliques représentaient pour les pèlerins un élément essentiel, aux vertus miraculeuses, en ces temps où l’on ne pouvait trouver le salut du corps par la médecine, ni celui de l’âme en dehors des lieux sanctifiés.
Vers l’an mille, la fréquentation de l’abbaye fut à son comble. Ensuite, avec la guerre de Cent Ans et la grande peste, les chemins devinrent beaucoup moins sûrs et le flot des pèlerins se tarit peu à peu dans le royaume.
Source : Le chemin de Saint-Guilhem La vie de Saint-GuilhemSaint Saturnin, Toulouse

De son vrai nom Saturnin, Saint Sernin, fut le premier évêque de Toulouse mort en martyre en l’an 250 de notre temps.
Avec six autres évêques missionnaires (dont Le futur saint Denis) Saturnin fut envoyé en Gaule par le pape Fabien, pour évangéliser une population païenne sous domination romaine. Il sillonna le sud- ouest allant jusqu’au Pays basque puis revint se fixer à Toulouse.
Au cœur de la ville se dressait le Capitole temple majeur de la cité. Depuis que Saturnin était revenu et prêchait devant son parvis, les oracles ne parlaient plus. Le rendant responsable de cette catastrophe les prêtres païens du temple lui demandèrent d’honorer l’empereur en lui sacrifiant un taureau.. Son refus lui valut d’être attaché au taureau du sacrifice. La légende raconte que le taureau, pris d’une rage folle, descendit à toute allure l’esplanade du Capitole, traînant derrière lui l’évêque. Sa tête explosa sur les marches du temple.
Le corps sans vie du supplicié fut recueilli par deux jeunes femmes (futures Saintes Puelles). Elles l’inhumèrent à l’endroit exact où son corps fut trouvé, dans un cercueil en bois qui fut déposé dans un fossé assez profond pour que les païens ne puissent pas profaner la dépouille. Saint Hilaire, évêque au IVe siècle, fit construire une voûte de briques puis y édifia une petite église en bois, un oratoire, sur la tombe du martyr.
Longtemps la tradition fit de l’église du Taur l’héritière de cette première construction.
Cependant, des fouilles archéologiques réalisées dans le sanctuaire de l’église Notre-Dame du Taur en 1969-1970 ne permirent pas de mettre au jour la moindre construction d’époque paléochrétienne. On ne peut donc localiser précisément ni le premier emplacement de la tombe, ni du monument que fit construire St Hilaire.
Il n’empêche que jusqu’à la construction de la basilique Saint Sernin et le transfert des reliques durant l’année 402, l’église du Taur fut un important lieu de pèlerinage.
Source : Wikipedia Saturnin de Toulouse